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Le silence pour preuve

Le silence pour preuve

De Gianrico Carofiglio

Critique dans le cadre du jury policier Seuil et Babelio. Merci beaucoup !

Editeur : Seuil

Nombre de pages : 248

Quatrième de couverture :

Manuela, étudiante de la petite ville de Bari, dans les Pouilles, a disparu depuis six mois, et le procureur s’apprête à classer l’affaire. Désespérés, les parents de la jeune fille persuadent l’avocat Guido Guerrieri d’enquêter à son tour. S’improvisant détective, Guerrieri décide de tout reprendre à zéro. Il convoque les témoins, cherche les failles, les indices, les coïncidences. Mais les jeunes gens qu’il rencontre lui offrent des récits trop lisses… La nuit, donnant libre cours à sa mélancolie naturelle, il vagabonde seul dans la ville et se réfugie parfois dans le bar de Nadia, une ancienne cliente au charme indéniable. Au fil des promenades, des conversations, et des confidences à son vieux sac de boxe, une conviction s’impose : la solution se cache dans les non-dits, dans le silence et dans le vide. C’est alors que se produit l’illumination décisive.

Critique :

Depuis que je fais partie du jury Seuil Policier, je découvre, j’explore de nouveaux mondes de polars, des mondes dont je n’aurais peut-être, de mon plein gré, jamais foulé les terres. C’est une chance de pouvoir découvrir et lire de nouvelles histoires, de nouvelles affaires. Voilà un nouveau roman : Le silence pour preuve. Le titre m’intriguait, fortement. Un titre accrocheur, somme toute. J’avais hâte de voir ce qui se cachait derrière ces lettres, derrière cette annonce énigmatique. Cependant, je n’aurais jamais pensé que ce titre, ces 3 mots inscrits en gros et en jaune sur la couverture, me donnerait la clé de toute l’histoire…

Dehors, les inspecteurs et autres policiers enquêteurs. Fini. Terminé. Exit les vieux commissariats, ici on pénètre dans l’intérieur moderne et soigné d’un cabinet d’avocat. Ah ! Premier changement, première brise fraîche qui annonce un polar un peu éloigné des carcans rigides. Un avocat sérieux, sympathique, aux cheveux grisonnant, mais qui ne se laisse pas aller pour autant. Non, au contraire, il boxe, il s’entraîne chez lui, sur un sac suspendu dans son appartement. Un sac qui devient presque un ami, ou un psychanalyste. Son ballottement et ses bruits étouffés pourraient avoir quelques significations. Le sport qui lui permet de réfléchir, sainement, sur ses affaires, publiques ou privées.

« Tout commença par un coup de téléphone innocent » Premiers mots de l’affaire, premiers mots du livre. Innocent ? Ironique, bien sûr. Un ancien ami avocat l’appelle et lui confie ses deux clients, au bord du gouffre. Une ancienne histoire, toujours non résolue par la police, mais les faits sont bien là : la fille des deux clients, Manuela, a bien disparu depuis six mois et vivre dans l’espoir qu’elle vit encore, espoir qui s’efface de jour en jour, n’est plus soutenable. Il faut donc que notre cher Guido Guerrieri questionne, enquête à son tour, et tente de trouver, ne serait-ce qu’une réponse, à cette mystérieuse disparition. Pas facile, certes, mais le désespoir des deux parents vaut bien qu’on tente le coup. Alors, le voici engagé, l’avocat, dans une série d’interrogatoires. Il faut retrouver les amies de Manuela, ses ex, les témoins, tout ce beau monde qui paraissait un peu trop silencieux à son goût. Commencent alors les dialogues, beaucoup de dialogues, dans ce roman. Des dialogues qui accélèrent le récit, le rendent fluide, efficace, direct. Il écoute ces paroles, trébuchantes, hésitantes, et tente de poser les bonnes questions. Puis, des liens se tissent, et un thème revient sans cesse, dans les différents témoignages : la drogue. Comme une ombre surplombant l’affaire déjà sombre, la drogue est là, on n’en parle, ou on refuse d’en parler. Quels liens avec cette Manuela ? Puis vient Caterina, une jeune amie de la jeune fille, qui semble charmer l’avocat. Voilà de quoi complexifier l’affaire. Ou la simplifier … Bref, le roman est assez court, concis, il va à l’essentiel, sans grandes fioritures. Efficace, donc, jusqu’à la révélation finale. Ce qu’on nous annonçait comme une « illumination décisive » se règle en quatre pages, et l’histoire s’effondre comme un soufflet au fromage, par sa stupéfiante simplicité. Je n’ai pas compris pourquoi l’écrivain avait construit cette fin. Délais trop courts, envie de terminer l’histoire. Il est facile de spéculer sur les motivations d’un écrivain. Mais je ne suis pas là pour ça. Je constate juste, en tant que simple lecteur, que parcourir ces 200 et quelques pages n’ont servi à rien. Rien, puisque la solution était là, évidente, comme le sont ces 3 mots de la couverture. Vraiment dommage, l’univers me plaisait, l’avocat, les cafés italiens, Rome, les italiennes, qui me rappellent mes voyages et les décors de la Cinécitta. En parlant de film, Le silence pour preuve se voit attribuer, cette année, la Palme d’Or de la fin complètement raté.

Mon appréciation : 13/20

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2 Réponses

  1. Bonjour,

    J’ai lu ce roman également dans le cadre du jury et contrairement à toi, j’ai aimé la fin, surtout la façon dont Guido tire ses conclusions pour y parvenir… Je ne m’y attendais vraiment pas.

    • Ah tiens ! =) C’est vraiment très intéressant de rencontrer d’autres points de vue différents ! Comme quoi, vraiment, la lecture est totalement une affaire d’intériorité ^^ La fin m’a paru tellement baclée et l’association d’idées pour trouver la clé de l’affaire téléphonée ! Merci beaucoup pour ton commentaire en tout cas 🙂

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