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La Carte du temps

La Carte du temps

de Félix J. Palma

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict et Robert Laffont . Merci à eux !

Edition : Robert Laffont

Nombre de pages : 547

Quatrième de couverture :

A Londres, en 1896, l’agence de voyages dans le temps Murray propose au public  » las de voyager dans l’espace  » de voyager  » dans la quatrième dimension « , précisément en l’an 2000. L’écrivain H. G. Wells, auteur de La Machine à remonter le temps, doute pourtant de la réalité d’un tel voyage, car il pense qu’on ne peut pas changer le passé. Andrew Harrington, jeune homme de bonne famille éperdument amoureux de Marie Kelly, la dernière prostituée assassinée par le sinistre Jack l’Eventreur, voit là une façon d’empêcher ce crime odieux et se lance dans l’aventure, tandis que la jeune Claire se rêve un avenir passionné et échange de son côté une correspondance avec Derek, un homme du XXe siècle…

Mon avis :

Voyager dans le temps, encore un rêve, une utopie nourrie, au fil des ans, par la science-fiction, par la science et ses découvertes. Se rendre dans le passé, le futur, vivre enfin dans l’époque où l’on se sentirait le mieux, bouleverser l’Histoire, bouleverses les hommes du passé par des prédictions, voir, des ses propres yeux, son avenir glorieux ou … sa Mort. Tant de choses seraient faisables, possibles, à portée de main, mais en aurait-on vraiment envie, aurait-on le courage de porter sur ses épaules ce lourd poids de responsabilité : le moindre geste aurait des conséquences inimaginables. Alors quand c’est en roman, c’est encore mieux. Là, pas de poids oppressant, ni de choix cornélien pour changer le Monde, juste du plaisir, et du rêve.

Le roman est divisé en 3 parties, 3 actes qui établissent chacun une histoire, un récit. Mais ces histoires se ressemblent étrangement : Amour et Meurtres semblent tournoyer, graviter autour de l’ensemble. Amour présent – meurtre / Amour futur / Meurtre passé. On rencontre les personnages au fur et à mesure, le récit se construit au travers de l’épais brouillard blanc de Londres, qui règne en souverain sur la capitale. Au fur et à mesure aussi, on découvre des choses, on en découvre plus sur les personnages, sur leurs passés justement, mais aussi les liens entre les différentes histoires : à la manière d’Hitchcock dans ses films, H.G. Wells, l’écrivain célèbre pour La Machine à remonter le temps, écrit en 1895, nous apparaît successivement dans les trois parties, une incursion qui n’est pas anodine. Car il faut le dire : ces histoires proches mais pourtant différentes ont un point commun évident : le voyage dans le temps, ou plutôt la perspective de voyager dans le temps. On voit comment cette perspective va modifier la vie des personnages, alors qu’en fait ils n’ont même pas encore franchi le pas. Ironie cinglante. L’auteur espagnol digresse beaucoup. Sans cesse, il nous interpelle, comme pour nous rappeler que c’est lui qui façonne l’histoire par ses mots, qui peint sous nos yeux cette fresque machinale. Il questionne, affirme, commente – et nous entraîne au plus profond de la ville, au plus profond des personnages, comme s’il les disséquait devant nous. Car, derrière ses allures de récit patchwork, le roman est minutieusement orchestré dès les premiers mots, chaque phrase a sa place, chaque souffle, chaque respiration, chaque pas des personnages est programmé à l’avance, pour amener le lecteur sur des fausses pistes, pour faire naître en nous des illusions. En dire plus sur le roman serait délicat, je crois que c’est une expérience à vivre plus qu’à raconter, qu’à faire partager. Il faut la vivre, oui, et pouvoir lire ce roman, écrit avec la plus grande justesse. D’ailleurs, ce serait indécent de terminer cet avis sur un temps incertain. 10h 21min 57s / 10h 21min 58s / 10h 21min 59s / 10h 22min 00s. Parfait.

Mon appréciation : 17/20

L’Age des étoiles

L’Âge des étoiles

De Robert Heinlein

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict et Livre de Poche . Merci à eux !

Edition : Livre de Poche

Nombre de pages : 285

Quatrième de couverture :

Avec la surpopulation qui épuise les ressources de la Terre, la nécessité de trouver de nouveaux mondes habitables est devenue plus urgente encore en ce début de quatrième millénaire. Cependant, si le voyage interplanétaire est devenu techniquement possible, les vaisseaux spatiaux voyageront moins vite que la lumière et communiquer avec la Terre prendra chaque fois des années. Mais l’Institut de Recherches Prospectives a découvert une solution inattendue à ce dilemme : la télépathie. C’est ainsi que Pat, un adolescent extraverti, et son jumeau Tom vont pouvoir mettre leurs dons exceptionnels au service du grand projet de colonisation interstellaire. Tandis que Pat vieillira sur la Terre, Tom et tout l’équipage de l’Elsie échapperont à l’emprise du temps. Mais ces explorateurs d’un genre nouveau auront-ils jamais la chance de revoir le monde qu’ils ont quitté au terme des aventures extraordinaires qui les attendent dans les profondeurs de l’espace ?

Mon avis :

Voyager dans l’espace, visiter et coloniser d’autres planètes : n’est-ce pas le rêve de l’homme ? N’est-ce pas ce vers quoi l’humanité tend, repoussant jour après jour, siècle après siècle, les limites de la science et de la recherche astronomique. Nous sommes tous des Icare, à notre échelle, les ailes en cire ont bien vite été remplacées par des fusées, des vaisseaux spatiaux. C’est d’ailleurs ce thème et cette question qui font trembler la SF depuis de longues années. Il y a-t’il d’autres peuples au-dessus de nos têtes ? Nous regardent-ils ? Trouvera-t’on une nouvelle Terre dans cette immensité noire ? Tant de questions en suspens, qui se perdent dans toutes ces années-lumières… Je n’ai pas lu énormément de Science-Fiction, mais je sais tout de même apprécier une histoire originale, bien construite, et étonnamment profonde. Oui, j’ai vraiment aimé l’Age des étoiles.

Tout tremble, tout est éphémère. Le temps, l’espace. Tant de réalités qu’on a appris à ne pas remettre en question. Et quand quelque chose ne tourne pas rond, quand quelque chose sort des rails métalliques, rigides, le train déraille. Le grain de trop, le caillou qui fout tout en l’air. On naît, on meurt. On communique. Et si, et si, la télépathie existait ? Si elle existait, autour de nous, sans qu’on le sache, sans même qu’on la soupçonne. Derrière les visages perplexes, rieurs ou tristes, les cerveaux, liés entre eux par un complexe réseau, se communiquent. C’est ce que l’écrivain nous propose, il nous sert l’hypothèse d’une télépathie – un don qu’auraient la majorité des jumeaux ou certains spécimens rares. Pat et Tom possèdent ce don – partager le même œuf aurait des conséquences… Et voilà que la société future, en pleine volonté d’expansion spatiale et coloniale, voudrait se servir des ces « monstres » télépathes pour rester en contact. Oui, car les ondes de radio sont soumises aux lois de l’année-lumière, alors que la télépathie semble déroger à la règle. Dès lors, si on mettait un jumeau dans un vaisseau spatial, à la conquête de nouveaux horizons, et que l’autre restait sur Terre, à récolter et à transcrire les messages de sa moitié … que se passerait-il ? Tout serait possible. Grâce à eux, l’Institut peut continuer ses recherches et envoyer des colons dès qu’une nouvelle planète est découverte… Rapidité, professionnalisme. S’offre alors aux deux jumeaux un Océan d’expériences – partir, échapper au Temps qui passe (on ne vieillit pas pareil dans l’Espace) – ou rester et mener une vie de pacha, grâce aux salaires mirobolants de l’Institut. D’abord Pat part, puis revient. Accident en ski. C’est donc à Tom d’y aller. Lui qui rêve depuis longtemps de prendre de l’avance sur son frère. Il part à son tour. Lui – le microcosme, les autres jumeaux, les rencontres, les tensions, les découvertes : les accidents. L’autre – la vie aisée, les parents qui meurent, le mariage, les deux enfants, l’âge qui ride la peau… Le vaisseau continue son voyage à travers temps et espace. Nous, simple lecteur dans cet univers immense, plongé dans les pensées de Tom, le jumeau de l’Espace, on vit dans ce vaisseau. Ce n’est pas un microcosme, c’est un corps humain, avec ses nerfs, son sang qui coule, ses connexions synaptiques… Et ces passions qui se multiplient comme dans chaque huis-clos. Seule soupape – les pensées de l’Autre jumeau, en italique, qui nous ramènent brutalement sur Terre; c’est vrai, la vie s’écoule là-bas, on allait presque l’oublier. Tout passe sans qu’on s’en aperçoive. Incroyable, Robert Heinlein maîtrise le temps et les mots. Il m’embarque dans son roman d’une grande réflexion. Toutes ces réalités qui nous entourent, qui les fait, qui les défait ? Elles sont là, marquant les corps. Et on ne peut rien y faire. Juste lire, lire encore et ajouter une hypothèse de plus sur le Monde qui nous entoure. Une pensée de plus d’un auteur qui a l’audace d’y faire réfléchir. Regarder les étoiles, lire et espérer. Voilà mon échelle d’action. On ne sait pas ce que l’Avenir nous réserve.

Mon appréciation : 16/20


L’Héritier de l’Automne

L’Héritier de l’Automne

De Giles Carwyn et Todd Fahnestock

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Babelio et Bragelonne

Editeur : Bragelonne

Nombre de pages : 674

Quatrième de couverture :

La cité d’Ohndarien est le Joyau du Monde connu, le dernier bastion de justice et de liberté, gouverné par les Enfants des Saisons, huit hommes et femmes choisis pour leur valeur et leur noblesse par le Coeur de Gemme. Mais lorsqu’un maître ambitieux et brutal s’en empare, les destins basculent, et bientôt…L’Héritier de l’Automne s’accroche à la vie dans l’enfer des Neuf Carrés, un jeu meurtrier de gladiateurs.Une jeune prodige de la magie affronte ses peurs et endure les épreuves d’une sorcellerie érotique pour libérer son âme.Une femme de pouvoir risque sa vie pour libérer sa cité et son peuple. Un mystérieux assassin aime une reine d’un amour impossible. Et loin de là, une enfant dont les rêves renferment une terreur ancestrale commence à se réveiller…

Commentaires :

Cela faisait un petit bout de temps, déjà, que je n’avais pas lu un roman fantastique. L’Héritier de l’Automne arriva donc à point nommé. Et comme bon nombre du genre, sa forme était celle d’un rectangle épais, très épais, d’un blanc immaculé (la version non-corrigée sans couverture) développant, esquissant au fil des pages cet univers si lointain, si singulier. Car lire du fantastique ou de la fantasy, c’est oublier ses repères, faire sauter les verrous du réel, sortir des carcans ultra-réalistes, dénués de surnaturel. C’est une porte directe, ouverte sur un Monde étranger et magique. Voir l’autre, découvrir, redécouvrir. L’Héritier de l’Automne ne déroge pas à la règle.

C’est intéressant de constater, en général, l’importance de la ville dans ce genre de romans. La ville du Monde, la ville du héros, ses origines, ville de cœur, qu’il aime et dont il connaît les moindres recoins, de jour, de nuit. Une ville dans laquelle tout se passe, tout se décide; le héros qui décide de prendre sa vie en main. Elle/il; elle, c’est Ohndarien; lui, c’est Brophy. Les personnages et leurs liens complexes, leurs affinités, leurs différents, leurs guerres, leurs joies. Une galerie de portraits incisifs, esquissés à vif. Des caractères forts, très forts, des nervosités, des tensions, du sang et des larmes, un cœur de Gemme chantonnant, les corrompus, l’Enfant terrible, un mélange intense, sans cesse en mouvement. Comme toutes ces ruelles, qui grouillent d’êtres si différents, de riches, de pauvres, d’hommes, de femmes et de … ? Ces ruelles crasseuses, ces beaux quartiers. Et puis les rencontres, nombreuses, des gens simples, des hauts dignitaires, une constellation de visages chaleureux ou crispés. Un flou, une image qui défile sans cesse jusqu’à donner le tournis. Tous ces personnages, tous ces acteurs/actrices d’une intrigue complexe, mais pourtant si simple. Les actions s’enchaînent, sans qu’on puisse reprendre son souffle. On se bat, on se tue, on s’aime aussi vite qu’on sort une épée de son fourreau. Vite pour ainsi dire. Et ce n’est pas pour déplaire, au contraire. Lire des pages pleines d’autres choses que des mots, des dialogues interminables, des descriptions infinies mettant en place un décor factice, autant dire que ça fait du bien. Surtout, surtout que le roman est un roman à quatre mains; comme un partition composée. Deux auteurs pour une même histoire / deux mains (gauche ou droite) pour, au final, une même écriture. La tâche n’est pas simple. Mais ici, un ou deux, on ne voit pas la différence, tant l’écriture glisse, coule, résonne. Aucune différence. Nombre de cinéastes se sont déjà essayés à l’œuvre commune, mais beaucoup ont échoué, ou du moins, ont réalisé une œuvre saccadée, racolée; un canevas déglingué, instable. Ici, un fil d’Or arpente les ruelles d’Ohndarien sans rester accroché au pavés. Mais à chaque recoin, à chaque coin sombre, on ne sait sur qui on va tomber …

Enfin bref, voilà un bon, un bon gros premier tome d’une saga prometteuse. Maintenant, non, je ne dirais pas qu’il m’aura accroché jusque tard dans la nuit. Non, ce serait mentir. Mais juste un voyage dans un autre MONDE, passionnant et déroutant. Dont je retiens surtout l’Enfant, l’Enfant si beau, si jeune, si naïf, si innocent. Et pourtant si horrible. La boîte à musique tourne, tourne … Surtout qu’elle ne s’arrête pas.

Mon appréciation : 16/20

Fablehaven

« Fablehaven »

Critique dans le cadre d’un partenariat sur le site Livraddict

De Brandon Mull

Editeur : Nathan

Nombre de pages : 341

Quatrième de couverture :

Depuis des siècles, les créatures fantastiques les plus extraordinaires se cachent dans un refuge secret, à l’abri du monde moderne. Ce sanctuaire s’appelle Fablehaven. Kendra et Seth ignorent tout de ce lieu magique, dont leur grand-père est pourtant le gardien. Un jour, ils découvrent l’incroyable vérité : la forêt qui les entoure est peuplée d’êtres fabuleux – fées, géants, sorcières, monstres, ogres, satyres, naïades… Aujourd’hui, l’avenir de Fablehaven est menacé par l’avènement de puissances maléfiques. Ainsi commence le combat des deux enfants contre le mal, pour protéger Fablehaven de la destruction, sauver leur famille… et rester en vie.

Commentaires :

« Qui entre ici en ressortira changé à jamais ». Ces trente-six lettres en relief, gravées sur la porte amovible du magnifique coffret nous invitent à voyager, découvrir. Quoi de plus tentant que la métamorphose ? Dès le départ, le ton est donné. Si on y entre, on en ressort évidemment, mais différent. Boulversé, aliené. Comment peux-t-on, dès lors, rester sur le seuil de la porte, du Monde qui s’offre à nous. Impossible. On vous ouvre un chemin, on vous tente et on attend. Autant dire qu’on est forcé. Forcé d’y aller, de s’y rendre, comme Kendra et Seth, les deux jeunes enfants du livre, mais aussi forcé d’y vivre, pendant un certain temps – le temps de la lecture – et d’y ressentir le moindre geste, la moindre secousse. D’un univers dont on a tout à découvrir.

L’arrivée nous met en confiance. Les deux enfants roulent lentement vers un lieu inconnu. Ils débarquent, larguent les amarres dans une zone si lointaine alors que leurs parents les quittent. Pour deux semaines, certes, mais qui paraissent si longues. D’autant plus que leur hôte est un parfait étranger. C’est Grand-Père Sorenson. Un nom qui ne nous dit rien du tout. Un nom qui ne leur dit rien du tout, si ce n’est que sa silhouette est apparue, jadis, à un enterrement, où sa visite fut remarquable de brièveté. Lâchés, donc, livrés à eux-mêmes, les enfants vont devoir se débrouiller seuls. Leur terrain de jeu : un grenier rempli de jouets semblant venir d’un autre temps. Dans une maison située sur un environnement magnifique : jardins gigantesques, forêts, clairières. Mais qui leur est interdit. A part la piscine et les quelques zones d’herbe, leurs pieds n’ont pas le droit de fouler ces immenses terres, si tentantes, attirantes. Apparemment, il s’y cache quelque chose.  Quelque chose qui ne tourne pas rond. Car ce petit séjour ne tarde pas à apporter aux quatre yeux candides de l’étrange, de l’inhabituel. Des papillons narcissiques, un trousseau de clés remis mystérieusement, un poule domestique. Autant d’éléments qui prédestinent les jeunes âmes à vivre deux semaines extraordinaires. Dans toute l’ampleur du terme. Car jamais un monde si commun n’a abrité autant d’illusions, de magie en son coeur. Les fées, les satyres, l’ogresse, les naïades, les brownies, la vache gigantesque, les mutards, Nero le troll, Hugo le golem, Muriel la sorcière. Plus on en découvre, plus on prend conscience de la richesse de l’univers. Tout arrive d’un coup. On est débordé, envahi. Mais on découvre encore et encore. Plus de créatures fantastiques, plus de desseins maléfiques, toujours plus de rebondissements. Une découverte humaine aussi. Les personnages s’étoffent, se construisent, apprenent de leurs erreurs; et cet homme, si distant, est en fait un grand-père attentionné. Notre aventure se termine sur des apothéoses : une nuit sombre et une journée angoissante. Où la sorcière révèlera son esprit malsain. Sorcière jadis ligotée à sa triste demeure, par des cordes et des nœuds magiques, qu’elle invitait à dénouer, pour retrouver sa liberté . Ce sont ces liens qui nous attachent, nous emprisonnent au livre envoûtant, on ne lâche plus. Mais ceux-là, on ne tentera personne à les défaire. Surtout pas.

Mon appréciation : 18/20

Les Maximonstres – L’île aux monstres

« Les Maximonstres »

Critique dans le cadre d’un partenariat sur le site Livraddict

De Dave Eggers

Editeur : Au Diable Vauvert

Nombre de pages : 327

Résumé de l’éditeur :

Qui est Max ? Et qu’est-ce qu’un maximonstre ? A-t-on le droit de manger la tête de quelqu’un ? Non ? Même quand elle tombe par terre ? Alors quand ?

Commentaires :

Je me suis plongé dans ce livre, au début, comme on replonge en enfance. Curiosité, impatience. Je voulais découvrir l’histoire qu’il contenait. Rentrer dans un univers nouveau, lointain. La lecture d’un livre « jeunesse » n’est pas chose facile. Il faut savoir se métamorphoser, réduire sa taille. Pour apprécier totalement l’invitation au rêve.

On y rencontre Max. Un jeune garçon qui adore son costume de loup, jouer avec son chien, lancer des boules de neiges sur les copains de sa soeur. Un enfant, dans toute l’ampleur du terme. Assez attachant il faut dire. Mais sa candeur se retrouve bien vite confronté à la vie, aux souffrances. A sa sœur, envers qui il nourrit une haine profonde, de par son rejet, son indifférence, son désintérêt. « Elle me laisserait mourir ». A sa mère, qui bien vite a du partager son amour avec Gary, le beau-père de Max. L’intrus, la goutte d’eau qui fait déborder le vase…. Le divorce de ses parents : traumatisme latent. Une douleur qui, masquée par les excès de rage, fait du mal aux autres et à l’enfant lui-même. C’est de cet univers oppressant qu’il s’arrachera, un soir. Une fugue, dirait-on. Ou plutôt un voyage. C’est sur une barque que Max navigue. L’horizon s’éloigne. Les lumières s’éteignent au loin. Il frissonne. Avant qu’il n’accoste sur l’île aux monstres. Aventure ou catabase ? Univers déroutant. Monstres chimériques. Récit initiatique. Face aux autres, à la vie, il apprendra à se forger, se construire. D’un coup, Max se retrouve propulsé du statut d’enfant à roi, adulte. Avec des responsabilités. Le moindre échec ne passe pas inaperçu. Les conflits montent. On arrache un bras, on se croque. Il prendra peu à peu conscience. De quoi ? De tout.

Si j’avais eu 10 ans, j’aurais aimé le livre. Aimé les monstres. La guerre de boue. La parade. Le chien. Le taureau. L’écriture est limpide, précise, belle. Et une certaine poésie. Profondeur assez rare dans les livres jeunesse.

Mais ce monde m’a dérangé. J’avais l’impression de lire le récit d’un monde tranchant, aiguisé. Ces grandes chimères, ces grandes peluches portent peut-être un masque. Pour cacher quelque chose d’horrible. Ambiance sombre tout de même : les voix de la terre, les violences. Métaphore d’un chose trop proche ? D’un univers familier ? Aucune idée. Je sais juste qu’un grain de sable entravait constamment mon immersion. Qui provenait de cet île on ne peut plus singulière.

Au final,  Indécis. J’ai aimé. Je l’ai trouvé dérangeant. Impossibilité d’expliquer ce brouillard. Beau et sombre. Ensemble joli et déstabilisant . Oxymores improbables. Réaction déroutante. Cette critique est à l’image de mon ressenti : déstructurée, désorganisée, étrange. En tout cas, ce roman a suscité un quelque chose que je ne connaissais pas. Et peut-être est-ce là la qualité d’un bon livre ? Libre à chacun de voir en cette île une utopie ou monde cruel. Au sortir de l’oeuvre, je suis sur la barque. Entre deux mondes, deux avis, qui sont peut-être plus proches qu’on ne le pense…

Mon appréciation : 15/20

Le Vol du Dragon

9782266160711FS » Le Vol du Dragon »

D’Anne McCaffrey

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 310

Résumé de l’éditeur :

Les humains qui ont colonisé la planète Pern ont oublié leur origine. Ils vivent un long Moyen Age dans leurs weyrs, refuges et forteresses creusées dans le roc. Leur civilisation est régie par un code de chevalerie et les femmes gouvernent. Mais, sans les Dragons, les habitants de Pern ne pourraient survivre. Les Dragons ont la faculté précieuse et inexpliquée de se déplacer instantanément dans l’espace, de passer dans l’interstice et d’annuler ainsi la distance. Ils peuvent aussi, comme les monstres de la légende, cracher du feu et anéantir lezs ennemis des hommes. Entre tous ces ennemis, le plus redoutable est l’Etoile Rouge d’où pleuvent, chaque siècle, les Fils, porteurs de spores corrosives. Les Dragons sont l’arme unique dont disposent les gens de Pern pour repousser ce fléau. Lorsque Lessa, du weys de Rualtha, est désignée pour être reine, Pern vit une période de rémission…

Commentaires :

Anne McCaffrey fait partie des grands noms de la fantasy, et quand je me suis aventuré dans ce livre, je m’attendais à trouver de belles choses. Et j’y ai trouvé encore plus ! Je n’ai pas pu quitter le livre une seule fois, tant l’histoire est prenante, le monde merveilleux, et les personnages charismatiques. On lit ce livre, tout en étant emporté dans le Monde de Pern, au gré des battements d’ailes de dragons, et des souffles de pierre de feu. Vraiment magnifique, à lire absolument …

Mon appréciation : 19/20

La Ligne Verte

9782253122920fs« La Ligne Verte »

De Stephen King

Editeur : Livre de Poche

Nombre de pages : 503

Résumé de l’éditeur :

Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d’un pénitencier dans les années 30, entreprend d’écrire ses mémoires. Il revient sur l’affaire John Caffrey, ce grand noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes, qui défraya la chronique en 1932. Assez rapidement convaincu de l’innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.

Commentaires :

Un livre prenant, malgré mon hermétisme à l’écriture de Stephen King. En effet, dans ce livre, il y a beaucoup moins de choses « crues » comme dans la plupart de ses livres, mais nous retrouvons bien son humour au travers du personnage de Paul Edgecombe, à qui on s’attache très facilement, même dans les moments les plus difficiles (ici, une infection urinaire). Touchant et dressant magnifiquement deux humains, si loin professionellement mais si proche humainement, c’est un livre qui m’a plu.

PS : le film, après avoir lu le livre, est un petit peu décevant, mais est très bien fait malgré tout.

Mon appréciation : 15/20