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Une éducation libertine

« Une éducation libertine »

De Jean-Baptiste Del Amo

Editeur : Folio

Nombre de pages : 453

Quatrième de couverture :

« C’est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n’a que faire des conventions, rit de la morale. Ses mœurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n’ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l’excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu’il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l’amour, il les méprise soudain car seule la volupté l’attise. On chuchote qu’il aurait perverti des religieuses et précipité bien d’autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n’être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s’en méfier comme du vice. »

Paris, 1760. Le jeune Gaspard laisse derrière lui Quimper pour la capitale. De l’agitation portuaire du fleuve aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris. Roman d’apprentissage, Une éducation libertine retrace l’ascension et la chute d’un homme asservi par la chair.

Commentaires :

Paris, 1760. Un Monstre. Certes, l’entrée en matière est abrupte. « Le nombril crasseux et puant de France », non, je ne m’y attendais pas. Tout un imaginaire détruit, les belles gens, les décorations dorées à l’or fin, le luxe, les végétations généreuses, les formes généreuses, la beauté aristocrate, tout, tout s’envole et s’enterre en un instant. Paris en 1760, c’est un Enfer. Une énorme fosse, un amas de chair, de brique, de saleté. Notre choc, c’est celui de Gaspard. Il quitte Quimper pour la capitale, animé de désirs, d’envies, de rêves. Il se confronte à l’horreur, au dégoût, au dédain. Difficile, en effet. Mais surmontable. De toute façon, il n’a pas le choix. Il a laissé sa ville, ses parents, dont les souvenirs abruptes nous apparaissent; aux moments forts. On y trouve le père violent, rigide, et démesuré, la mère répugnante. Les souvenirs se mêlent aux cochons, à l’égorgement, au sang. Un mélange de malaise, d’étranges maux. Alors Gaspard se ballade, regarde, écoute, scrute. Il passe dans les vieilles ruelles, voit les pauvres, leurs corps rachitiques, les prostitués adossées aux vieux murs sales et dégoulinant. C’est juste un homme dans cette masse ignoble. Et la Seine au loin, qui l’appelle. Le cherche, le tente. Des vieux relents, des odeurs écœurantes aux bruits du pavé, Gaspard s’imprègne et Del Amo nous décrit tout avec minutie. Oui, c’est écoeurant. La lecture nous emporte, dans ce Paris si loin, si étrange. Gaspard, jour après jour, trouve du travail, des cadavres, des personnes. Et Etienne, le Comte de V.

Tout s’embrase. Les sens, les désirs. Cette rencontre, dans le petit atelier de perruques, annonce un début. Début d’un désir de l’homme, début d’un désir d’un statut. Tout fout le camp. Son mince équilibre, fébrile et faiblard, cette vie misérable d’assistant, il n’y pense plus. Il pense à lui. A cet homme, sa silhouette, son aura. Commence alors un jeu d’attirances, de charme. Les rendez-vous, le fiacre, les nuits sombres où le comte attend, attend que Gaspard sorte en douce. Gaspard se laisse entraîner dans ce vice. Il a tout, le sentiment, le matériel. Mais très vite, tout se brise. Il n’était qu’un jouet, qu’un catalyseur. Un corps blanchâtre parmi tant d’autres. Et là la fin commence. Fin d’un rêve. Début d’un mal. Gaspard s’enfuit, et se laisse guider par l’odeur de Paris. Mais toujours cette aspiration, cette vitrine dorée. Le Monde, la noblesse. Il y a goûté, il veut en faire partie. Une ascension s’entame, il faut gravir, gravir, et découvrir que tout n’est pas si doré, tout n’est pas si rose …

Jean-Baptise Del Amo nous livre, nous conte l’histoire comme un peintre. On voit, on goûte, on ressent, on écoute. Tout est art, art horrible, art joyeux, art triste, art enivrant. On s’assoit et on vit, on partage tout, on comprend Gaspard, on est Gaspard. Parfois, peut-être, la description déroute. Longue, trop longue, ou juste. On flirte avec l’ennui. Parfois …

Le sexe. Entravant, amorçant. Un moteur, en somme. Dans le roman, les relations charnelles se multiplient, au fil de l’histoire. Elles marquent une étape, le début ou la fin d’une chose. La maison de passe, Emma, le comte de V, le comte d’Annovres, le baron Raynaud. Tous forment des marques profondes, des séquelles, bonnes ou mauvaises, dans l’esprit et le corps de Gaspard. Elles grandissent, grandissent. Petit monstre, noir et  infâme. Gaspard le sent, le ressent. Un être, une masse, un poids. Qu’il faudra, tôt ou tard, retirer …

Mon appréciation : 15/20

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3 Réponses

  1. Merci pour ton billet très bien fait. Un livre que je découvre et que j’aimerais bien lire 🙂

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