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Blue Gene

Blue Gene

De Joey Goebel

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Bibliofolie et les Éditions Héloïse d’Ormesson. Merci beaucoup !

Editeur : Héloïse d’Ormesson

Nombre de pages : 584

Quatrième de couverture :

Quelque part au fin fond des Etats-Unis, Blue Gene, 27 ans, tatouages, coupe mulet, tongs noires et chaussettes blanches, gagne sa croûte en vendant ses jouets au marché aux puces.
Un brin rebelle, joyeusement immature, cet excentrique n’est autre que le mouton noir de la dynastie Mapother. Lorsque ces magnats du tabac décident de réaliser un rêve et de briguer le Congrès, leur loser de fils est appelé à la rescousse : avec dans leur camp ce fervent patriote, fana de catch et de bière, ces conservateurs bon teint empocheront les voix du peuple, à coup sûr. Cruelle sans être violente, cette comédie politique est l’expression de la contre-culture enjouée.

Critique :

Nouveau roman made in USA. Double flag des States, gigotés dans les airs par un bébé blond à la moue boudeuse. Le nouveau visage des États-Unis, le nouveau visage de l’Amérique. Farce mondiale, comédie politique pendant les élections, où tous les coups sont permis. A la fois première puissance mondiale mais aussi pays le plus sournois, le plus corruptible. Tellement de choses s’y passent, s’y déroulent, relayé par les chaînes de télé du monde entier, un Monde à lui tout seul, ces States. Une grande puissance peut aussi s’effondrer; image qui s’effrite, the American Dream commence à prendre de l’âge : la bourse / les attentats. Une grande puissance certes, mais qui reste touchable. Voilà le contexte où Joey Goebel, ancien punk et fin musicos prend la plume et décide de dépeindre son Amérique, son Amérique qui change, qui se transforme.

D’abord prendre le temps d’installer le décor, l’atmosphère à la fois grouillante et lente, légère et pesante, de cette nouvelle ville, de cette nouvelle vie qu’on partage. Et Joey prend le temps de l’installer, prend le temps de nous montrer chaque geste, tous les pans de la vie de ce personnage atypique. Blue Gene ou le mec marginal et banal, ancien « alcolo et drogué » selon sa famille, cheveux gras et sales, habillé certainement dans le noir, aucun accord, aucun intérêt, et qui vit grâce à la vente de ses jouets d’enfants, de ses figurines de super-héros sur le marché aux puces continu de la ville. Génial, une vie palpitante et pleine de rebondissements. Un mec super intéressant. Non, on est vraiment loin de là, TRES LOIN DE LA. Mi-homme, mi-nerd nouvelle génération, un peu plus social mais pas trop, juste par nécessité. L’écrivain nous prend à contre-pied, on ne s’attendait pas à ce genre d’histoire, et surtout à ce genre de personnage, totalement beauf et hors des carcans. On commence le roman dans un marché au puces couvert, véritable melting-pot entre vieux réacs de la guerre, maniacs des armes tranchantes et autres atypiques. C’est là qu’elle arrive, celle dont certains paragraphes parlaient, mais dont on ne savait presque rien, la bonne bourgeoise catholique, fan des statuettes de Jésus bien kitsch, qui vont vite remplir ses sachets, collectionneuse ? Non, c’est juste la mère de Blue Gene. Oui, sa mère. Autre surprise. Et une autre va pas tarder à arriver. Au fil de la discussion entre mère et fils qui n’ont plus vraiment de contact depuis 4 ans – on apprend qu’il manque soi-disant à la maison. Que ce fils qu’on classait comme timbré serait souhaité parmi les siens. Sauf que c’est pas par amour, mais par intérêt. Et voilà, l’aventure commence, la vraie, quand la politique s’en mêle. Car la famille de Blue Gene est juste une des familles les plus riches des USA, une famille conservatrice, ultra-catho et d’entrepreneurs qui adorent le fric. Sauf Blue Gene. Mais quand le frère John, patron, magnat de l’argent comme son père, décide de se lancer en politique, c’est là qu’on vient le sonner. « Hé, fréro, ça te dirait de me soutenir en politique ? Tu sais, ça me ferait vachement plaisir que tu sois là, à mes côtés. » Tu parles, il va se laisser berner. Pas d’amour, j’ai dit, juste de l’intérêt pur et simple. Parce que Blue Gene, avec son image de simplet new-génération, il saurait rapporter les voix des beaufs et des masses populaires pour son frère adoré. Joey Goebel nous balance son histoire, on est pris dans ce torrent médiatique et corrompu, dans ce monde tellement artificiel, et on adore ça. Burlesque et révoltant, ce roman possède une langue clinquante, directe, et bien tatouée sur la peau des personnages. Un fucking good bouquin, jusqu’à la fin, ultra mais ultra kitsch à la conservatrice, juste génial. Quelques longueurs, ouais, mais on t’pardonne gars, parce que tu tranches dans le lard, et que tu sais faire dans la finesse. L’intelligence et la verve. Tout ce qui faut pour vivre, tout ce qui faut pour écrire.

Mon appréciation : 17/20

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