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Charleston Sud

Charleston Sud

De Pat Conroy

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Newsbook et les Editions Livre de Poche. Merci beaucoup !

Editeur : Livre de Poche

Nombre de pages : 795

Quatrième de couverture :

Chronique familiale, Charleston Sud est aussi l’histoire d’une génération. Celle du narrateur, Leo King, et d’un groupe d’adolescents venus de tous horizons : rejetons de l’aristocratie locale, orphelins des Appalaches, fils de l’entraîneur noir de football, et jumeaux d’une étonnante beauté, Sheba et Trevor Poe, qui tentent d’échapper à une mère psychotique. Le récit alterne entre 1969, année glorieuse où Leo et ses amis partent à l’assaut des barrières religieuses, sexuelles, sociales et raciales de Charleston, et 1989, où Sheba, devenue une star d’Hollywood, les supplie de retrouver son frère gay, disparu à San Francisco.

Critique :

Il y a de ces romans-fleuves, où les années passent, tome après tome, et où l’on voit grandir, évoluer, se métamorphoser les personnages, les êtres et ce qui les entoure. Un roman-fleuve est, par définition, en plusieurs tomes, car une vie ne peut pas tenir en un objet. Pat Conroy, avec son roman de près de 800 pages en poche promettait une grande fresque à l’américaine, un roman-Mississippi que seuls les vrais de vrais savent écrire. Un roman qui nous emporte, dans l’espace, et dans le temps. Car oui, Charleston Sud, est un roman-fleuve, à sa manière, ou un roman-ville. Huis clos avec plan large, et plan subjectif, description et introspection. Un roman où l’on voit grandir et vieillir.

Pour ce nouveau roman, c’est un nouveau regard qu’on nous propose de revêtir. Celui de Leo King, dont la vie, si le bilan devait être fait en cette pleine période d’adolescence, fut remplie de malheur et de déception. Depuis le suicide de son frère – case psychiatrie – le manque d’amour de ses parents réapparait comme une blessure cicatrisée qui saigne encore. Pas assez bien, pas aussi bien que son frère, sur tous les plans, et ses parents lui font ressentir. Si seulement il n’était pas mort, si seulement. Mais ce nouvel été va peut-être se révéler différent des autres. Rencontres importantes, rencontres qui vont changer sa vision de la vie. 8 personnages vont apparaître, au fur et à mesure, dans son adolescence tourmentée et chagrinée, 8 personnages totalement différents vont le grandir, chacun à sa façon, plus ou moins brutale, vont l’écouter puis l’apprécier : Starla et Niles / Molly et Chad / Sheba et Trevor / Betty / Ike. 8 facettes, 8 rejetons d’une ville en pleine mutation, 8 chimères d’une mère béton. Puis c’est le saut, le grand saut. Le saut dans le temps, on retrouve les mêmes, du moins une grande partie au départ, vieillis, casés, adultes et vaccinés. Déroutant, une grande ellipse narrative – que s’est-il passé entre temps ? Rien, on ne sait rien. C’est comme si on avait manqué une chaîne du maillon, un bout de la fabrication, on ne voit pas la confection des jouets par les lutins du Père Noël, on n’en voit que le résultat, au pied du sapin. Et là, grande déception du roman, le roman-fleuve s’effondre, s’enfonce dans la terre glaireuse des berges, et s’engouffre, s’assèche. Les personnages vieillis, certes, mais ô combien stéréotypés. Une horreur à l’état pur. Le roman m’avait envoûté dans cette adolescence torturée et nébuleuse, mais là, les défauts de la narration réapparaissent, devant moi, comme un claque. L’homo, le bobo, les aristo, les délinquants… Est-ce ça une réflexion sur une ville en changement, sur une société parcourue de clichés, sur une société où sa place est difficile à prendre ? Non, je crois qu’utiliser en un seul groupe différents personnages, comme un mauvais microcosme, n’est qu’une manière de dévier la question, dévier la réflexion. Moi qui m’attendait à un grand livre qui donne à réfléchir, je me retrouve avec un gros livre sur un personnage qui en rencontre d’autres, dans une belle ville pittoresque. J’aurais du revoir mes ambitions à la baisse, mais bon, livre lu, je ne vais pas dire qu’il ne m’a pas plu. C’était sympathique, un beau voyages, de (belles) rencontres. Mais j’ai un mauvais goût dans la bouche, un espèce de regret insoutenable, comme quand, enfant, j’étais persuadé, vu la taille du paquet, que mes parents allaient m’offrir la nouvelle console de jeu, alors qu’en fait ce n’était qu’un nouveau petit meuble Ikea. Je me suis trompé amèrement et je le regrette. Trompé sur la visée de ce livre. Il ne s’agissait pas de remettre en question la société américaine, mais juste d’écrire une belle saga qui se déroule dans une ville que l’auteur apprécie particulièrement. Moins beau, tout de suite, moins honorable, mais cela reste joli. Un joli roman.

Mon appréciation : 14/20

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