• Catégories

  • Rubriques

  • Archives

    mars 2011
    L M M J V S D
    « Fév   Avr »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Articles publiés

  • Blog Stats

    • 7,172 hits
  • Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

    Rejoignez 4 autres abonnés

L’Olympe des Infortunes

L’Olympe des Infortunes

De Yasmina Khadra

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Blog-O-Book et Pocket

Edition : Pocket

Nombre de pages : 188

Quatrième de couverture :

C’est une bande de terre délaissée, un terrain vague. Entre le chaos de la ville et le silence de la mer. C’est un havre et une remise – le royaume des laissés-pour-compte.
Là règnent les oubliés volontaires, ceux dont on ne veut plus, ceux qui fuient et chantent le bonheur d’être hors du monde : ivrognes, sans grades, clochards célestes… Ach le Borgne est leur Poète, leur philosophe, leur musicien. Ses histoires ravissent les oreilles du petit peuple venu l’écouter. Et Junior le Simplet l’accompagne, extatique. Il s’est créé ici une communauté de fortune, une famille. Ni anges, ni démons, ces réprouvés ont eu leur part de mensonges et de vices, leur part de crime. Et les tentations, trop humaines, sont partout. Ici comme ailleurs, la vie suit son cours, chaotique, drôle et surprenant…

Mon avis :

Revenir au simple, à l’humain. Depuis trop longtemps déjà, l’homme vit et construit une société dans laquelle il s’aliène. Une société d’argent, de grands buildings, de travail, de relations commerciales, de relations complexes, de conflits. Une société qui transforme, qui dérange, qui bouleverse. La machine-société arrache et écrase tout sur son passage, ceux qui ne peuvent suivre, manque de moyens, d’expériences, sont tout simplement rejetés sur le rivage, un rivage qui ne présage rien de bon. Yasmina Khadra nous propose de rentrer dans cet univers de marginaux involontaires et volontaires, fictifs (? …) et de voir la vie d’un autre oeil. Hors de toutes préoccupations d’une vie « busy », hors de la spirale infernale – comment vit-on ? Comment aborde-t-on les jours qui passent ? Pas de RTT, de jours qu’on décompte jusqu’aux prochaines vacances, de lever à 8 heures, de métro ou vélo dans les rues bondées … Rien de tout cela, non. Mais est-on pour autant serein ? Non, l’homme reste homme. Les personnages qui gravitent dans ce microcosme : Ach, Junior, le Pacha, … tous sont des hommes, et l’homme reste un loup pour l’homme. Seulement, sans artifices, sans argent, les amitiés, les haines sont mises à nu, les corps dévoilés, la chair qui se choppe des coups de soleil … Le moindre soupçon, la moindre querelle peut prendre des proportions inattendues. Ici, rien ne fait obstacle aux cris, aux pleurs, aux douleurs. Personne n’est protégé, l’étendue de sable seulement, et au loin, les profils sombres de la ville. Où est-on ? On est sait rien, Yasmina Khadra ne donne pas de nom, seulement des certitudes : on est hors du Monde, on ne doit pas partir, surtout pas y aller. Junior se questionne, remet peu à peu en question son environnement, pourquoi rester ? Comme les jeunes individus d’une tribu qui tenteraient de sortir de leur ignorance, de leur autarcie. Un Monde pourtant à Ciel ouvert, mais qui reste désespérément clos. Il n’y a pas d’espoir d’en sortir… Mais l’horizon va s’éclaircir et voir les hommes s’accomplir.

Ce que j’ai apprécié dans ce court roman, c’est qu’il n’y pas de place au pathos. Pas de place aux larmes, à la pitié geignante. Non, rien de tout cela. Seulement la réalité, peinte avec précision, mais peut-être édulcorée. Car en même temps, il manque une profondeur. L’écrivain aurait pu aller beaucoup plus loin, montrer des êtres affamés, aliénés, justement. Ici, on reste dans le poétique, dans la belle fable à légère teinte morale. Je reste clairement sur ma faim, moi. C’est ça, aussi, la société. On consomme, on consomme, on surconsomme, tant et si bien qu’on ne peut se satisfaire des choses à demi-teinte, esquissées, ébauchées. On aime le blanc ou le noir. Le gris n’est plus d’actualité. Un assez beau conte – mais qui ne va pas au fond des choses. Fait de concessions et d’esquives. Dommage, vraiment, car il aurait pu blesser, frapper la société en plein cœur, la faire saigner, pleurer. La marquer tout simplement. Ce n’est qu’un roman de plus dans l’Océan immense des bons romans. Un Océan qui va bientôt déferler et dont les vagues engloutiront bien des peuples, bien des Mondes …

Mon appréciation : 11/20

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :