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Un coeur insoumis

Un cœur insoumis

De Sarah Dunant

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict et Belfond

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 489

Quatrième de couverture :

À Ferrare, au couvent de Santa Catarina, nombreuses sont les jeunes filles nobles mariées au Christ à défaut de dot. Tel est le sort de Serafina, seize ans à peine, enfermée de force par sa famille suite à sa liaison avec un simple chanteur.
Insoumise, Serafina se heurte bientôt à l’ordre établi par l’abbesse Chiara et à la piété exacerbée de sœur Umiliana, prête à affamer le corps des novices pour libérer leur esprit…
Isolée parmi les nonnes cloîtrées en proie à d’étranges extases mystiques, la jeune rebelle peut compter sur la bienveillance de Zuana, une nonne érudite, qui soigne tous les maux du couvent, y compris les blessures que les sœurs s’infligent à elles-mêmes.
Mais jusqu’où est-elle prête à l’aider ?

Tandis que les forces de la Contre-Réforme grondent au-dehors pour durcir les règles en vigueur dans les couvents, Serafina va tout tenter pour s’enfuir. Le début de guerres intestines qui vont bouleverser la vie des sœurs à jamais…

Mon avis :

Le huis-clos peut vite tomber dans l’étouffement, l’énervement, l’effritement des nerfs. Des murs qui cloisonnent, des murs tout autour qui enferment le lecteur dans un labyrinthe, tel une souris cobaye, et dont le tracé n’offre qu’une solution possible. Mais voilà, le huis-clos peut aussi être intense, au plus profond de l’être, de l’intime. Un cœur insoumis est un huis-clos de cet ordre. Un ordre charnel et organique. D’autant plus intense que la religion est une histoire d’intime, de conviction, de foi. Tout se passe dans les personnages, comme tout se passe dans le couvent. Au dehors, l’agitation règne, les murs tremblent et vibrent, au-dedans, calme puis troubles. Une palpitation de tous les instants, comme l’on respire, des bouffées d’air rentrent dans nos poumons, le cœur grandit et se rétracte, les pas des sœurs, des nonnes, les bruits sourds et muets. Dans le couvent, on est comme dans un grand lac, immobile, paisible mais dont le moindre clapotis s’étend sur toute la surface. On pénètre dans les corps des sœurs, certains sœurs, pour connaître leur vécu, leur Histoire, leur Foi. Contrainte, souvent : envoyées de force dès leur plus jeune âge, par leur père, leur famille, pour l’éducation ou pour une peine, injustifiée. Une Foi contrainte n’est, dès lors, plus une foi, mais juste une souffrance, une douleur. Dieu impuissant, corps et âme fermés, lieu clos – hermétisme immuable. Souffrance physique; une des protagonistes se mutile, et ses cris rythment les souffles endormis des cellules. Souffrance psychique; on pense, on se torture de pensées, de violence. Tout fait horreur, ces autres si dévotes, et moi contrainte. Mais pourtant le Cri est vain, le Cri se perd et résonne le long des interminables murailles de pierre, fait seulement trembler les feuilles du jardin intérieur et les fioles de la sœur apothicaire. Alors l’espoir se perd, et pourtant …

Au travers de Zuana ou encore Serafina, on vit tout au long des pages un calvaire jouissif. Une souffrance qui ne nous étouffe, mais qui nous enchante. Étrange, si étrange que l’on se perd soi-même. Sarah Dunant nous égare dans ce dédale de Foi, de Haine et d’Espoir. Tous les sentiments se brouillent et forment un brouhaha muet qui voile le couvent d’un tissu sourd et épais. L’intime devient autre, l’autre devient intime; les personnages deviennent intime, beauté, laideur. Et la Foi, dans tous ces échanges, qui scrutent les personnages d’un œil tantôt mauvais, tantôt compatissant. Roman de paradoxes, de questions, de bouleversements. Roman si riche, si bien dépeint, si dense. Peau, sens et organes constituent le récit. Et le cœur, un cœur de lecteur qui se retrouve, lui, bien vite soumis devant la force de l’écriture.

Mon appréciation : 16/20

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6 Réponses

  1. voila un livre qui devrait me plaire ,est il en poche ?

  2. Sous une couverture qui se veut pieuse, se cache un bouillon de passion…

  3. Je n’aime pas trop les huis clos donc je vais passer sur ce titre malgré ton billet très intéressant.

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