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Les Joyeuses

Les Joyeuses

De Michel Quint

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict et Folio/Gallimard

Editeur : Gallimard (Folio)

Nombre de pages : 180

Quatrième de couverture :

«Les enfants, le destin est une vaste plaisanterie, une histoire pleine de bruit et de fureur racontée par un idiot… Ce soir, nous avons la réponse à la vieille question, to be or not be : nous sommes, nous vivons, nom de Zeus! Nous venons de perdre Fenton, et nos commères de Windsor sont orphelines du jeune premier. En gros, je suis dans la merde pour mes représentations! Alors que notre concours du meilleur Falstaff serve au moins à désigner le successeur de Bruno au bras d’Emma! Je déclare solennellement Rico gagnant d’une nuit d’amour et désormais titulaire du rôle de Fenton! Apprends le texte dès aujourd’hui, petit et viens dans mes bras!»

Michel Quint nous invite à partager le quotidien d’une troupe de comédiens délurés. Au-delà d’un éloge du théâtre, c’est à la vie et aux plaisirs de la chair qu’il rend hommage.

Mon avis :

« … partager le quotidien d’une troupe de comédie délurés. » Le rêve; un voyage magnifique pour ceux qui aiment le théâtre, les planches, le jeu. Moi, je fais partie de ces personnes, et ce que me proposait Michel Quint me plaisait, m’attirait tellement. Mon enthousiasme est cependant bien vite retombé. Le verre s’est brisé, les spots ont lâchés : la scène est vide.

Tout se passe à Sablet, dans un petit village désert. Tout se passe à la Tuilerie, un domaine viticole, où les répétitions vont commencer. L’histoire se met en place tranquillement, d’abord connaître puis comprendre. Michel Quint nous plonge dans la peau de Rico, un bègue – une position déroutante – mais qui arrivera, au fil de l’histoire, à surmonter son handicap : grâce au Vin. Ce vin, salvateur, destructeur, riche de sens, qui ponctue le récit, qui tranche, qui saigne, qui fait remonter les souvenirs. D’ailleurs Les Joyeuses ne sont autres que les bouteilles. Toutes ces bouteilles, bues, achetées, produites, enterrées. Puis on commence à suivre les répétitions, les brouillons d’un pièce. Chacun à sa place, chacun son rôle – sur scène, ou dans le domaine. Ce qui est étonnant dans ce roman, c’est ça, le débordement des rôles, les personnages ne jouent plus deux rôles, ils brisent la mise en abyme et se fondent dans leurs personnages. Les noms qui reviennent; noms réels, noms fictifs. Et puis les liens qui peu à peu apparaissent entre les acteurs – liens profonds, liens naissants. Rico est dépassé, ce séjour à la Tuilerie va le bouleverser – femmes et Vin, un mélange fort de sens et de mots. Puis les fêtes, les jeux ivres qui vont vite finir en drame. Mais la représentation approche, on s’affaire, les passions se déchaînent. « J’ai envie que ce soit fini. » dit l’un des personnages. Le théâtre : l’épreuve de la scène, l’épreuve des coulisses; un théâtre qui dépasse de la scène. Michel Quint, ici, utilise le prétexte du théâtre pour nous livrer son histoire. Les personnages plus que personnages, le vin, la scène. Ce théâtre, que je connais de l’intérieur, est ici sans vie, morne, triste. Les acteurs sont bloqués, les mots ne se déversent pas, au contraire, on les ravale, et on les crache une fois descendu. Il y a quelque chose de troublant, qui met mal-à-l’aise, comme Rico, qui sent les évènements lui glisser entre les doigts. L’histoire glisse, coule, mais ne laisse aucune trace. Une langue originale mais parfois difficile, incompréhensible. Fermer le livre avec une envie de m’égosiller, de retrouver les mots qui permettent de s’exprimer, d’enfin sortir le trop-plein que tous ces personnages ont en eux. Et le théâtre – il est où ? L’essence n’est pas là, le théâtre, ce sont les mots, puis les rôles. L’un ne va pas sans l’autre. Comme à choisir entre lire ce roman et boire un bon verre de rouge; aucune hésitation. J’aime que les phrases me laissent un goût amer, fruité, sucré, et acide. Le vin rouge s’est transformé en eau, et m’a juste désaltéré. Les aliments n’ont plus de saveurs, les mots non plus.

Mon appréciation : 10/20

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