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Rhum Express

« Rhum Express »

De Hunter S. Thompson

Critique dans le cadre d’un partenariat avec Blog-O-Book et Gallimard / Folio

Editeur : Gallimard/ Folio

Nombre de pages : 327

Quatrième de couverture :

À la fin des années cinquante, Kemp, jeune journaliste et alter ego de l’auteur, atterrit sur l’île de Porto Rico. La capitale, San Juan, est alors prise entre les revendications nationalistes, la poussée castriste voisine et les affaires louches des promoteurs. Kemp travaille comme pigiste pour le San Juan Daily News, un quotidien local lancé par un ex-communiste, dont la majorité des journalistes passe son temps à boire ou à se battre. À force de petits rhums, Kemp ne tarde pas à avoir le cerveau aussi engourdi que ses collègues, seulement réveillé de temps à autre par un coup de folie dû à la chaleur suffocante. Dès lors, il assiste impuissant à la dérive d’un petit paradis miné par la corruption et les ambitions économiques américaines.

Commentaires :

C’est fou. Mes trois dernières lectures rentrent en écho, l’une avec l’autre, l’autre avec la dernière, et vice-versa. C’est incroyable. Pourtant, tout cela n’est que du hasard. Un hasard fait de partenariats avec des éditeurs, qui me font découvrir les livres, et grâce aux sites qui les relaient, et dont je rappelle toujours le nom en début de critique. Critique, bon je n’aime pas trop ce mot, mais passons, on ne va pas s’arrêter pour autant … Enfin bref, ces trois dernières lectures ont un lien, résonnent en moi de la même manière. Ce sont des voyages. Ah oui, ça ce n’est pas nouveau, la littérature est un voyage, on l’a entendu des milliers de fois. Mais là, je parle d’un vrai voyage. Oui, l’essence même du mot voyage : la découverte, la visite. Un voyage dans d’autres pays, où, à chaque fois, mon regard naïf et candide s’est posé sur une ville, un lieu, guidé par la voix du narrateur, la plume de l’auteur. Je me sentais touriste, spectateur, et parfois acteur. Touriste, oui. C’est drôle. Mais ce ne furent pas des voyages de tout repos. Bien au contraire. J’étais confronté aux vies brisées, à la douleur, la souffrance, les poings qui se crispent, les larmes qui coulent, un torrent de haine, de désespoir, de faim, et d’Amour parfois. Et j’ai pris des clichés, dans ma mémoire, des photos sur le vif, de ces témoignages de vie blessants, révoltants ou passionnants, que je développe ensuite en moi, qui me construisent, qui me détruisent, comme chaque livre que je lis. Et cette fois-ci, la ville que j’ai visitée, le lieu des désirs, des passions, des désillusions : c’est San Juan.

Outre la ville, c’est aussi le journalisme. La presse, les quotidiens, les journaleux, le canard, les articles : bref le San Juan Daily News. Mais comment on arrive dans cette ville impressionnante, débordant de vie, de vice, d’énergie ? Grâce à Paul Kemp. C’est lui qu’on suit, c’est lui qui atterrit, par une journée suffocante, sur cette île lointaine, à une époque où tout fout le camp. Ce qui change, par contre, des deux dernières lectures, c’est que, cette fois-ci, ce n’est plus la population locale, ce n’est pas les habitants ancrés, qui constituent l’essence, le cœur du lieu, dont on suit les histoires, mais bien des étrangers qui, de plus, sont journalistes. Un regard qu’on pourrait penser distant, critique, et synthétique envers un pays bien différent des USA, autant dans la politique, que dans les mœurs. Voilà à quoi je m’attendais, une constatation, une description hermétique des choses, de la vie Porto-Ricaine. Mais non, pas avec Hunter S. Thompson. Pas avec l’auteur de Las Vegas Parano. On ne voit pas ce qui se passe, on ne se contente pas de voir les déboires de Paul Kemp, on les vit. Une putain d’écriture, grossière, viscérale, drôle, cynique, ironique, comme un homme bourré accoudé à un bar pourrait nous raconter les choses, un mec dont on ne donnerait pas cher, mais qui cache une sagesse, une poésie. Oui, en fait, c’est ça, j’ai l’impression d’avoir vécu toutes ces choses, toutes ces aventures du petit journal, rencontré tous ces personnages tous plus remarquables de simplicité; d’avoir vécu tout ça, mais assis à un bar, en écoutant ce mec bourré. Comme un fable d’ivrogne, un truc invraisemblable (beau, mais invraisemblable),  qui surgit du fin fond du cœur pompant le sang alcoolisé, et qu’on écoute, une petit sourire coincé sur les lèvres, en pensant : « Ce mec est bizarre. » Pourquoi ? Pourquoi cette impression ? Je ne sais pas, mais ce n’est en aucun cas une impression désagréable, peut-être est-ce le rhum, ce catalyseur de paroles, ce Graal journalistique américo-porto-ricain, ce fruit défendu que se fourre dans le gosier dans tout le roman. Ça doit être ça. Le seul hic (non je ne suis pas saoul), c’est qu’avec alcool rime gueule de bois. Et à la fin de la lecture, je l’ai eu, cette gueule de bois. Voilà ce qui m’a empêché de penser que c’était un roman extra, ce sale arrière-goût de canne à sucre fermentée, ça m’a fait penser que c’était un bon roman. Point barre.

Mon appréciation : 15/20

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2 Réponses

  1. Je l’avais lu au moment de sa sortie il y a 10 ans. Un excellent souvenir.

    • 10 ans déjà, c’est vrai ça fait déjà un petit bout de temps qu’il est sorti 🙂 En tout cas, merci pour ton commentaire !

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