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Un Roman français

Un Roman français

De Frédéric Beigbeder

Éditeur : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 246

Quatrième de couverture :

« C’est l’histoire d’un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d’un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C’est l’histoire d’un garçon mélancolique parce qu’il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l’échec de leur mariage. C’est l’histoire d’un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu’il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C’est l’histoire d’une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j’ai vécue : un roman français.  »

Commentaires :

Il suffit d’une poudre blanche, déposée sur le capot d’une voiture en plein Paris, pour qu’un roman commence. Pour qu’un long chemin débute, chemin vers l’enfermement, chemin vers la littérature. Est-ce le meilleur lieu pour produire, pour réfléchir ? Je ne sais pas, Frédéric Beigbeder ne sait pas; ce qui est sûr, c’est que malgré lui, il se retrouve dans cette cellule, dans ces lieux glauques, et que, malgré lui, il pense. Son enfance remonte à la surface, dans cet univers grisâtre et poisseux, les images reviennent, transparentes, lointaines. Un chassé croisé entre la cellule et les souvenirs, qu’un bruit de clés et de pierres viendra clore.

Il nous raconte, nous narre son histoire et cette histoire, de consommation illicite. A la sortie d’une boîte, une nuit dans Paris, qui se terminera par une arrestation. C’est là le début des choses, des ennuis, et de l’isolement. Un isolement horrible, moite, dans un cadre dont on entend souvent le nom, mais dont on ignore la réalité. Beigbeder nous le dit : « il existe un endroit de souffrance, éclairé tous les soirs […] où les pleurs montent vers le Ciel toutes les nuits de Dieu fait … ». La prison puis le Parquet, une lente descente aux Enfers, bien souterrains, où l’air n’est plus respirable. Un rat en cage, un homme qui tourne, s’agite et transpire. Une claustrophobie latente, cet univers n’est plus possible. Sortir d’ici, sortir … Cela aurait pu être un huis-clos étouffant, tremblant. Le récit d’un homme souffrant dans son étroit gîte. Mais c’est dans ces lieux que Beigbeder pense. C’est dans ces lieux que son enfance lui apparaît, par bribes, par souvenirs, un « je me souviens » salvateur, aérien. Alors qu’il fixe les murs crasseux devant lui, sa figure d’enfant chétif et blond le salue, lui rappelle d’où il vient, qui il fut. Son enfance dorée, les établissements de Cure, les grands-parents distants mais attentionnés, un père « absent », une mère aimante, un frère rival/admiré, Guéthary, Paris … Un décor sublime, sublimé par son arrivée dans ce milieu si dégoutant où l’écrivain s’en rappelle, ces espaces qui paraissent si grands pour nous lecteur, et pour lui, l’auteur, et ces personnages qui semblent venir d’un autre temps, si loin. Avec tendresse et un phrasé incisif, Beigbeder nous livre ses flashbacks avec distance et regard critique. A la fois touchant et drôle. On se met à adorer tous ces gens, tous, quel qu’ils soient. Et cet adolescent dans l’âge ingrat, une silhouette si fine et chétive qu’on aurait du mal à imaginer qu’il devienne l’homme d’aujourd’hui. Autobiographie carcérale. Faite dans le cerveau d’un homme en prison, d’un homme en proie aux souvenirs qui surgissent, sans prévenir personne. Une psychanalyse sur un divan inconfortable et sale. Un phrasé juste et sincère, performatif. Il raconte, il le vit, on le vit. Et on se rappelle, à notre tour, de nos souvenirs. Des souvenirs qui remontent par orgueil peut-être, se dire que nous aussi on en a, que nous aussi notre vie est une histoire. Mais qu’on ne peut raconter de la sorte. Et dont on ne peut se souvenir, comme il se souvient. Un roman français, c’est l’histoire d’un homme, d’un frère, d’une mère, d’un père, d’un évènement. L’histoire des hommes finalement, les hommes qui tous son venus sur Terre, ont eu une enfance, une adolescence, une vie qui construit, qui détruit. Voilà le roman français que Frédéric Beigbeder imagine, malgré lui, dans environ cinq mètres carrés. Un roman engagé, virevoltant et qui touche. Qui a touché l’homme que je suis, comme tout un chacun.

Mon appréciation : 17/20

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6 Réponses

  1. Ah ! LE fameux livre ;D !

  2. Bon, c’est décidé, je vais l’acheter 🙂 Merci pour cette chronique 🙂

  3. Une très belle critique, si je n’avais pas déjà lu le livre, je pense que j’aurais sauté dessus directement.
    Cordialement

    Dicky le Canard

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