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Hygiène de l’Assassin

« Hygiène de l’Assassin »

De Amélie Nothomb

Editeur : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 222

Quatrième de Couverture :

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c’est qu’aucune forme ne s’apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l’interrogatoire, à un duel sans merci où se révèle alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres.

Commentaires :

Prétextat Tach. Consonnes assourdissantes, voyelles faiblardes et pauvres. Personnage grossier, cruel, sadique, irritable et horrible. L’analogie est quasi-parfaite. Après la psychanalyse des rêves, place à celle des noms, des prénoms. Chaque son a sa signification. Prononcer Prétextat Tach, c’est se faire violence, la bouche se crispe, les dents se serrent, la gorge racle et s’irrite. Interviewer cet homme revient à peu près au même…

Pourtant 5 journalistes vont se rendre chez lui, 5 individus, 5 êtres qui vont approcher un écrivain – ou une créature, je ne sais pas – dont la morsure laisse des marques profondes. Ils vont se succéder, l’un après l’autre, et tenter de faire parler l’homme qui va bientôt mourir. L’homme qui, dans sa chaise étroite attend, inlassablement, la Dame Noire, celle de l’Espérance. Car Prétextat Tach, on le découvrira assez tard, cache un lourd secret, dont les plaies, les souvenirs douloureux, filtrent aux travers de son œuvre. Hygiène de l’Assassin était le nom de son dernier roman. Un roman qui résonne d’insousiance, de jeunesse fragile, de teints pâles et parfaits, qui cachent un mal-être intense. Se baigner dans le lac, comme pour se purifier du Monde, comme pour s’excuser de vivre, de grandir, de vieillir. Voilà le rituel auquel se soumettait Tach et sa cousine Léopoldine, jusqu’à ce que le temps les rattrape, et que le sang ruisselle le long de la chair… Avec la dernière journaliste, le dialogue va prendre une tournure différente. Les mots vont le mettre à nu et l’écrivain sera confronté à lui-même. Une parole qui exhorte, une parole crue qui laisse entrevoir, sous cet amas de graisse, un homme faible et sensible…

Le roman aurait pu être une réussite. L’histoire avait de quoi plaire. Originale, intrigante, audacieuse. Le roman se lit facilement, trop facilement. Les dialogues auraient pu nous mener vers les rouages, les mécaniques profondes de l’homme, avec un grand H. Les quatre premiers sont dénués d’intérêt. Le dernier où l’être infâme commence à se dévoiler, tourne au tragique cliché, aux rebondissements prévisibles et aux sentiments superflus. Prétextat Tach, caricature grossière de Socrate, dans son extrême agaçant et dérangeant, l’analyse philosophique en moins. Déçu, déçu par ce roman, dont je n’ai pu saisir le génie. Un génie dont la silhouette imposante de Tach m’étouffait l’aura. Un aura dont j’aurais pourtant tenté de chercher l’éclat, aux travers des mots, des phrases, qui fourmillent dans le roman. En vain. Je me suis baigné dans ce lac d’eau glacée, moi aussi. Un bain étrange et qui ne laisse pas indifférent. Mais je préfère, de loin, la rive accueillante et curieuse, à ces eaux troubles. Troublées par le sang, le sang opaque qui, à celui qui aurait le malheur de boire la tasse, laisse un goût désagréable. Dommage.

Mon appréciation : 12/20

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5 Réponses

  1. Voici là un livre bien spécial… Je ne suis pas fan d’Amélie Nothomb, loin de là, mais j’ai voulu connaître un peu les oeuvres de cet auteur qui suscite tant de controverses…
    « Hygiène de l’assassin » est un roman qui m’a passablement agacée. Je n’ai pas aimé le personnage principal, je n’ai pas aimé l’écriture. J’avais l’impression qu’on tournait en rond et je trouve ta note de 12 bien trop haute ^^
    Voici ma critique si ça te dit de venir la lire: http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2009/05/28/13889478.html

    • Ah, je suis de nature assez clémente – mais pour moi 12 c’est une mauvaise note 🙂
      En tout cas, merci beaucoup pour ton commentaire !

  2. Je trouve que justement le côté agaçant du roman fait tout son charme. Il est irritant à souhait! Mais chacun ses ressentis bien sur !

  3. J’ai préféré celui-ci (voici ma critique si tu as le temps : http://1000-et-1.over-blog.com/article-hygiene-de-l-assassin-d-amelie-nothomb-47455656.html) à Hygiène de l’assassin qui m’avait plutôt agacée !

  4. @Pauline : Irritant à souhait c’est vrai 😉 Soit on adhère parfaitement, soit on le prend avec une certaine distance et le roman laisse un arrière-goût plutôt désagréable ^^ Tu as raison, c’est vraiment une histoire de ressenti 🙂

    @Véro : Cosmetique de l’ennemi, a l’air intéressant en effet ! ^^ Je suis allé sur ton blog !

    Merci à toutes les deux pour vos commentaires !! 🙂

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