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La Peste

« La Peste »

De Albert Camus

Editeur : Folio

Nombre de pages : 279

Quatrième de couverture :

– Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux ?
– J’attends le résultat des analyses.
– Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère :  » C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident.  » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est…
– Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

Commentaires :

Alors que le monde littéraire fête (assez tristement, il faut dire) le 50eme anniversaire de la disparition d’Albert Camus, je me suis demandé, comment , à ma minuscule échelle, je pourrais lui rendre hommage. Et c’est comme ça qu’est arrivé le roman dans mes mains, anxieuses et curieuses, de tourner les pages d’un Prix Nobel, dont on ne fait plus la réputation.

Petite ville d’Oran, en Algérie. 194. Banale, tranquille. Une ville qui s’anime sans qu’on la remarque. C’est pourtant bien là que se déroulera le récit, au titre plutôt évocateur.

« Le matin du 16 avril, le docteur Bernard Rieux sortit de son cabinet et buta sur un rat mort, au milieu du palier. » Curieux évènement. Symbole funeste. Cet pauvre bête se fait annonciatrice du Mal, de l’Enfer. Car cette victime isolée se multipliera, 8000 rats morts dans une ville banale, étrange tout de même. Jusqu’à ce que le fléau s’étende à l’homme. Première victime. Puis l’engrenage s’enclenche, on ferme la ville, même s’il est déjà trop tard. C’est alors que commence la vie en autarcie, les habitants coupés du monde, à la merci du fléau qu’on n’ose à peine nommer : La Peste. De peur, presque, que son nom officialise la défaite des hommes. On s’organise, le docteur Rieux prend en charge les installations sanitaires, on tente de soigner, en vain. Une narration ultra-réaliste, objective, qui dérange presque, par son manque de compassion, de pathos. La Mort va et vient, frappe au hasard, tombe. Épée de Damoclès tremblante au-dessus de la ville. Et toujours pas le moindre vaccin. Pleurs, agonie, cris qui reviennent et reviennent sans cesse. Le prêtre Paneloux tient ses offices, qui n’ont jamais connu un tel auditoire. On veut oublier, s’élever, partir. Les hommes sont coupés du monde, de leurs familles. Les personnages sont solitaires, hermétiques. Et une sensation d’étouffement qui grandit en nous, spectateur impuissant. Le passage de l’enfant agonisant, pauvre corps luttant de toutes ses forces contre la maladie est intense. Son hurlement recouvre même les prières du prêtre, le docteur Rieux ne tient plus, il sort; comme nous aimerions sortir de ce tunnel sans fin. Pourtant, les citoyens résistent, ils savent qu’ils sont condamnés, mais s’érigent façe à l’ennemi invisible. Ils se soutiennent, s’entraident. Dans le malheur commun, ils trouvent du réconfort.

Et puis enfin, le sérum. Tout s’éclaircit, on sauve une victime, les rats ressortent. On ouvre les portes de la ville, on s’anime de joie, de vie. L’illusion de Camus était totale. On croirait à un rêve (ou un cauchemard). En tout cas, on à l’impression que tout durait des heures, des jours, des mois; récit hors du temps. Un séjour, si je peux dire, qu’on ne peut oublier. Camus nous délivre, avec tant d’habileté, un récit impressionnant de réalisme. Et puis quelques mots nous font apparaître de nouveaux éléments. Le discours d’un des personnages (Tarrou) donne à la peste un nouveau visage. « Ce qui de près ou de loin, pour de bonnes ou de mauvaises raisons fait mourir » mérite un conflit. L’engagement de l’homme dans la lutte prend tout son sens : un acte de résistance, un refus de la Mort, un engagement pour la Vie.  Les Oranais seraient le reflet d’un condition, celle de l’homme, condamné à la souffrance au mal. Mais qui se débattent, ensemble. L’indifférence et l’individualité laissent place à la solidarité, à la notion de communauté. La morale de la Peste, morale que Camus reprendra une dizaine d’années plus tard dans « L’homme révolté », nous apparaît enfin. Un humanisme humble qui, sans pour autant mettre en avant sa bravoure et son héroïsme, place sa confiance dans l’homme. Et celui qui a lu ce roman ne peut s’empêcher d’admirer tant de virtuosité, de poésie, d’humanité. Un roman qui parle de la Vie et de l’homme. Un roman que j’ai adoré.

Mon appréciation : 17/20

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4 Réponses

  1. je l’ai lu alors que j’étais au lycée, je n’ai jamais eu envie de le relire

  2. Un roman qui fait partie de mon petit panthéon perso… un grand livre, tout simplement.
    Heureuse de voir que tu as apprécié aussi !

    Sinon (rien à voir mais…), sais-tu déjà ce que tu infligeras à ta victime du challenge Caprice, Lounima ?

    • Ah, dans ton panthéon perso ! Ca c’est une très bonne nouvelle 🙂

      Pour le challenge, je vais encore réfléchir un tout petit peu pour le livre, mais demain ou après-demain, j’aurais le nom ! Et comment pourrais-je savoir le livre qu’elle aura choisi ? Merci cocola !

      • C’est bon ! J’ai choisi le livre pour ma challengée et je l’ai indiqué en commentaire sur l’article de ton blog ! Voilà merci encore pour cette très belle initiative 🙂

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